40 joueurs de foot italien ont une sclérose latérale amyotrophique

Publié le par DI-DIOU

Paru dans L'Equipe du 06 septembre.
 
Stefano Borgonovo, quarante-quatre ans, est atteint de sclérose latérale amyotrophique (SLA). Plus de quarante anciens joueurs souffrent de cette maladie.  
 
STEFANO BORGONOVO. Héros de la demi-finale de la Coupe d’Europe des  
clubs champions entre l’AC Milan et le Bayern Munich en 1990. À l’aller, à San Siro, l’équipe italienne l’emporte 1-0 sur un penalty sifflé pour une faute sur Borgonovo. Au retour, en Allemagne, la formation d’Arrigo Sacchi est sauvée en prolongation par un lob magistral de Borgonovo (1-2). Aujourd’hui, à quarante-quatre ans, cet ancien avant-centre international (3 sélections), également passé par la Fiorentina, Côme, Brescia ou l’Udinese, est très gravement malade, touché depuis trois ans et demi par la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Un mal appelé aussi maladie de Gehrig, du nom d’un joueur de baseball décédé à trente-sept ans en 1941.  
Une maladie dégénérative.  
Borgonovo ne peut plus respirer que grâce à des machines et ce n’est désormais que grâce au mouvement de ses pupilles qu’il parvient à communiquer avec autrui. Cannavaro : « Il y a de quoi être préoccupé »  
L’Italie a appris ce drame avant-hier soir, très tard, au cours d’un reportage diffusé sur Sky Sport 24. Borgonovo s’inscrit dans une très longue liste. Armando Segato (Fiorentina, Udinese) fut le premier joueur à qui la SLA fut diagnostiquée. Il décéda de ce mal en 1973. D’autres morts ont suivi. En novembre 2002 succomba, à l’âge de quarante deux ans, notamment Gianluca Signorini, idole du Genoa de 1988 à 1995. Raffaele Guariniello, procureur adjoint de Turin, qui ouvrit en 1998 une enquête judiciaire sur l’utilisation abusive de produits pharmaceutiques dans le Calcio aboutissant au fameux procès de la Juve, a aussi mené ces dernières années une autre enquête, épidémiologique, liée à la SLA. Il a entendu 30 000 footballeurs ou ex-footballeurs évoluant en Italie ou ayant joué dans ce pays. Et, sur ces 30 000 joueurs, quarante-trois souffrent de cette maladie.  
« Nous n’imaginions pas atteindre un chiffre aussi inquiétant, a lâché Guariniello hier. Il y a six fois plus de morts liées à cette maladie parmi les footballeurs professionnels que dans le reste de la population. » Entre 2004 et 2006, deux éminents médecins de Turin et Pavie ont aussi enquêté sur ce sujet. « Nous avons rencontré 7 325 joueurs italiens, avaient-ils déclaré il y a un an. Au maximum, on aurait dû trouver un malade, voire aucun. Or, on a découvert que huit d’entre eux étaient atteints de cette maladie. C’est beaucoup. C’est trop. »  
Tout le monde en Italie se pose une question : « La SLA qui touche les footballeurs est-elle liée à l’absorption de produits dopants ou d’un abus de médicaments ? » Guariniello a avancé ceci hier : « Les hypothèses sur lesquelles nous travaillons le plus pour expliquer cette maladie chez les footballeurs sont au nombre de trois : l’usage de substances dopantes, les traumatismes liés au football (coups pris par les joueurs, ainsi que  
les coups de tête) et l’usage de substances toxiques pour entretenir les pelouses (désherbants, pesticides). » Les joueurs, eux, ont la frousse. « Si tu regardes les statistiques, si tu regardes le nombre de footballeurs touchés par la SLA, eh bien il y a de quoi être préoccupé », a lâché Fabio Cannavaro, le capitaine de la sélection championne du monde, ce vendredi. Chantal, la femme de Borgonovo, elle, espère : « Et si Stefano  
était le premier footballeur à guérir de cette maladie ? »  
YOANN RIOU
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Publié dans Foot Foot

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